Lundi 31, Mardi 1, Mercredi 2 Juin 2010

 

 

 

 

Tout d'abord, on vous salue tous et vous remercie de votre intérêt pour notre petite aventure, dont on vous souhaite une lecture et des aperçus photographiques les plus agréables possibles.
Il est temps maintenant de vous narrer les péripéties de la semaine qui vient de s'écouler.

Un peu étourdi par trois longues heures à composer mes textes, à sélectionner puis envoyer photos et vidéos, malgré un passable 'turkish café' qui sévit dans ces latitudes (on mélange café, eau et sucre, on porte le tout à ébullition et on sert! Au buveur de faire attention à ne pas trop secouer sa tasse pour ne pas boire le dépôt amer de café!), je sors en saluant le barman, qui joue aux échecs avec un autre albanais. 'Miloupatchim' (au revoir, dans sa version phonétique). Je retrouve, soulagé, mon vélo, puis direction de quoi supprimer les tenaillements de mon estomac.
On emprunte les rues poussiéreuses, sous les regards curieux d'habitants épars, ayant l'air d'être restés toute la journée debout , seuls ou en petits groupes, à regarder la vie passer.
Très peu d'endroits où manger en réalité. On débusque une petite pizzeria hallal, coincée entre deux bars où la télé diffuse des chaînes musicales déversant le vieux folklore du pays.
Me trouver au sein de l'Albanie, perdu dans des sonorités linguistiques heurtées et incompréhensibles -l'albanais s'appuie sur un alphabet de trente-six lettres!- au milieu d'un décors bétonné grisâtre et inachevé, ne m'est pourtant pas si difficile; certes je baigne dans une eau stagnante, mal entretenue et sans finesse, mais cette eau est chaude, et c'est tout ce qui compte.
Le lendemain, la capitale Tirane m'apparaît dans un bruyant fourmillement, les voitures fusent à mes cotés pour rejoindre leurs folles et congénères citadines, slalomant entre elles, faisant tellement fi des signalisations qu'à certains carrefours des policiers s'essouflent sur leur sifflet à suppléer les sémaphores.
Les 'Lavash', stations de lavage pour voitures -pour Mercedès plutôt, tant la marque est privilégiée ici-, pullulent et se succèdent inlassablement, séparées entre elles par de nombreux 'market' (proposant tous les mêmes produits de première nécessité), cafés et fast-food locaux.
J'arrive un peu en sueur dans cette frénésie urbaine, embaumant encore la crême solaire, à la recherche de saine nourriture: un kebab arrosé de Fanta, le plat nationalisé.
Malgré sa grande place en travaux, place qui fait office de 'Quendar' (centre), immense rond-point autour duquel gravitent l'Opéra, une mosquée, quelques banques et bâtiments administratifs imposants, Tirane réserve une surprise de taille. A sa péripherie paresse un tout aussi immense parc, paradoxalement quiet et propre, près d'un lac sans détritus. Miraculeux.
Dans un village alentour, l'un des premiers passants abordé , parlant tout juste quelques mots d'anglais, nous accepte derechef. L'émouvante hospitalité albanaise nous fait encore plus mesurer le désastreux état économico-politique du pays. Mafia et gouvernement corrompu , pas de travail, pas de classe moyenne (pauvre ou riche, subis ou fais subir!), ouverture malséante au capitalisme après la fin du régime communiste vingt ans plus tôt, on se raccroche à l'Europe et à la perspective de l'obtention facilitée des précieux visas pour y circuler enfin (et la France est notamment un véritable mur administratif pour ses étrangers).
Assis sur mon vélo, pédalant pour toujours plus m'enfoncer dans ces terres méconnues de l'est, mes pensées vagabondent. Je pense à ce voyage qui m'entraine, à une vitesse ahurissante, toujours plus loin. Je peux maintenant vous certifier que tous ces pays traversés existent bel et bien! Malgré cette routine 'vélo, hôte, dodo', une implacable et substantielle expérience s'en dégage. Sans cesse plus humble, sans cesse plus confiant, je me sens fort dans cet inconnu indécis, dans cette quète humaine.
La sérenité enveloppe tout sous son réconfortant jupon, gommant les fatigues, les manques, les états d'indolence, les tensions. Quand j'ai faim, soif, envie de dormir, de rêver à notre univers commun, cher lecteur, que j'ai momentanément quitté, quand la route devient longue, difficile, venteuse, pluvieuse ou au contraire fortement ensoleillée, quand ces menus soucis viennent ternir mon allant, je pense à la chance d'être sur mon vélo, sans autre tracas présent que de le maintenir en état afin de continuer à avancer, sans aucune autre pression temporelle que celle d'être à Athenes le vingt-neuf juillet, sans aucun obstacle pour m'empêcher de m'allonger quand je le éesire dans un parc ou sur une plage pour sommeiller quand la chaleur vient accompagner la digestion, et penser à vous, vous tous qui me lisez, qui restez dans mes esprits et dans mon futur.

Ulrich

(Tirane)

(Festim et Ulrich)

(Direction Elbasan)

(Direction Elbasan)

(Don de notre vieux pain à un âne)

(Artha d'Elbasan)

 

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