Vendredi 14 Mai & Samedi 15 Mai 2010

 

 

 

 

0 kms

Il était une fois deux petits français. Après avoir quitté Denis et sa femme, vers la onzième heure de la journée, ils decidèrent de rester à Zadar afin de remplir leur sac de provision, leur portefeuille de menue monnaie et leur blog de photographies et commentaires. Il faisait beau, et l'un des petits français, affublé de son horrible bermuda couleur rouille, acheta un compteur kilométrique pour sa monture. Bref, tout allait pour le mieux dans le meilleur des royaumes.
Après avoir déjeuné en paix sur le frais gazon bordant un bras de mer coulant paresseusement au milieu de la ville, ils déambulèrent dans la forteresse animée, chaude et souriante. Ils commencèrent vers la dix-septième heure à aborder les villageois afin de leur demander l'hospitalité.
Or, ils ne savaient pas qu'un dieu malin planait sur eux. En effet, leur déambulation de prime abord pleine d'espoir se mua en véritable chemin de croix. Sillonnant les ruelles remplies de jolies donzelles parées de leurs plus splendides toilettes, de romains en uniformes, de choeurs emplissant la ville de leurs chants mélodieux et de jeunes hommes en tenues de soirée (Zadar etait en pleines festivités costumées), les deux français ne furent jamais acceptés. Après quatre heures ponctuées de "nè" , le dieu malin eût finalement raison d'eux et ils se résignèrent à se rendre dans l'auberge de jeunesse située à 5 kilomètres de là. Ils avaient rencontré en chemin deux touristes françaises qui y résidaient.
L'idée de squatter l'un des nombreux bateaux du port effleura un moment l'esprit du petit français, mais le dieu malin avait sans doute dejà épuisé toutes ses maléfiques ressources car la soirée fût sauvée au bar de l'auberge, où les petits français burent une bière avec les deux françaises, et rencontrèrent Ingrid et Luc, deux autres cyclotouristes dont on reparlera plus tard. Ils y dormirent heureux et eurent beaucoup... de pluie la nuit.

 

 

 

 

33 kms

O pluie, O triste pluie!
Pourquoi autant tu nous nuis?
Quand le matin l'auberge on quitta,
Heureusement le nombre de gouttes diminua
Et fine elle demeura.
Bon, j'arrête parce qu'à ce rythme, d'une je vous ennuierais, de deux je mettrais trois plombes à finir (et les kunas s'envoleraient dans les poches du gérant de notre cybercafé). Donc petite étape, parce que temps pourri. On est reste dans l'auberge le temps que les nuages cessent de larmoyer, vers 11h encore une fois (on est en vacances hein!). Mais une surprise agréable nous attend car il ne pleuvra plus de la journée après notre départ.
Vers 15h, on arrive tranquillement à Biograd, Biograd, défenseur de la Terre, comme un arc-ciel courageux, rouge, jaune, vert, rose et bleu, Biiiiograd, Biiiiiograd, héros de l'Univerrrrrrs!
Hum, pardon. Biograd est une jolie cité cotière, petite et charmante, où Valérie et Ulrich résidèrent au mois de mai de l'année 2010. Car nous rencontrons un petit bout de femme, Lovorka, qui, désolée de ne pouvoir nous offrir l'hospitalité, nous dirigera vers la maison d'une amie de sa mère, veuve vivant avec ses deux enfants d'environ trente-cinq ans. Tout se passe assez vite, et sans trop comprendre on nous amène à une chambre destinée à être louée aux touristes estivaux. Lovorka, la seule à parler l'anglais, nous explique que tout est ok, qu'on a rien à payer. La femme, Martha, semble nous dire qu'elle nous offre l'hospitalité. Comme notre but est de converser avec nos hôtes, on décide de boire un verre plus tard avec Lovorka.
Martha revient alors avec deux cafés et deux parts de gâteau. Encore troublés par toute cette rapidité d'exécution, un peu mal à l'aise de ne pas saisir la situation clairement, nous nous asseyons ensemble dans la chambre. Le gâteau a un goût tellement bizarre qu'on n'insiste pas, le café a une texture étrange, Lovorka continue de nous dire que tout est ok mais de manière un peu génée (va-t-elle payer pour nous en coulisses, vont-ils nous faire payer le lendemain??). Bref, on est sur le qui-vive. Mais pas autant qu'après la brutale arrivée d'une cinquième personne dans la chambre. Un homme, l'un des fils de Martha, costaud, rustre et très peu loquace, s'asseoit en face de Valérie et commence à la fixer du regard sans un sourcillement, comme s'il s'apprêtait à tout moment à bondir dessus pour l'agresser. Continuant malgré tout à parler avec Lovorka et Martha, essayant en vain de tenir une conversation normale, Valérie tente de ne pas croiser le regard de l'homme et quant à moi je reste attentif à ses moindres mouvements suspects. Le soulagement est extrèmement grand quand ils nous quittent enfin.
Où avons-nous donc débarqué? Une vraie situation stephen kingesque (encore lui). On décide alors d'aller manger une pizza. Parvenus à la grille de la maison, un autre homme nous appelle et vient à notre hauteur, une assiette à la main. Le deuxième enfant de Martha! Lovorka nous avait prévenus que, lui, buvait beaucoup et était facilement agressif. Hum. D'autant plus qu'il s'appelle Darko (Donnie (du film Donnie Darko) me vient immédiatement à l'esprit, confirmant l'aspect surréel de ce qui se passe). Il nous dit, dans un mélange d'espagnol, d'italien et d'anglais, que Martha nous a préparé un encas. Deux fades croque-monsieurs nous attendent dans l'assiette. Bizarrement, Darko me fait très bonne impression, et on pense comprendre la situation. Martha nous héberge vraiment avec hospitalité dans une chambre qu'elle n'a pas encore louée pour l'été, Darko nous offre aussi l'hospitalité à sa manière, et son frère était juste venu nous voir, aussi à sa manière. Cet accueil se révèle vraiment chaleureux et bon. Nous remercions Darko, revenons à la chambre manger les croque-monsieurs en l'honneur de cette famille, puis allons passer une très bonne soirée avec Lovorka, une historienne recherchant les relations entre la Dalmatie (la partie de la Croatie où nous sommes) et Venise depuis le temps des Croisades. On finira par boire du "proseco", un vin sucré italien fait maison, dans un bar où de vieux croates poussent la chansonnette en choeur autour de fameux vins du cru.

Commentaires (1)

1. Jérémiorv 19/05/2010

Toujours un peu plus dans l'éloquence Ulrich (sur pour votre passage à Biograd, que je trouve à la fois beau et anecdotique) et voir une allusion à Donnie Darko me fait toujours un peu chaud au coeur ! Bises à vous deux !

Ajouter un commentaire
 

accueil.png

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site